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Ecrire de la photographie

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La photographie est un art jeune. Qui tâtonne encore pour créer ses propres codes et ses propres règles de composition. Et pour espérer les dépasser, un jour. Nonobstant, la photographie continue à s’appuyer sur les habitudes visuelles des Occidentaux. Les photographes doivent maîtriser les règles de composition, et les géométries, s’ils souhaitent entraîner les spectateurs dans la direction voulue.

Photographe à Montpellier Studio Photo B612.Regardez attentivement cette photo dans laquelle serpente une rivière. Vous allez vous rendre compte que quelque chose vous oblige à suivre la ligne jusqu’à sa disparition dans l’infini.

Vous avez déjà compris ce qu’était un outil de composition photographique. Outil, pas « règle », j’insiste.

Allons plus loin.

Réapprendre à lire, pour mieux écrire



Une photographie se lit. Elle ne se contente pas d’être regardée. Comme un roman. Il y a un début, une intrigue, et une fin. Sauf que tout se passe en un clin d’œil. Reste pour nous, photographes, à travailler à lui donner du sens, et à y mettre notre âme.

En Occident, d’instinct, une photo se lit de gauche à droite. Évidemment, c’est l’inverse en Orient. Règle typographique oblige. Chez nous, il est donc nécessaire d’utiliser certains artifices pour la partie située à l’extrême-droite et en bas de l’image : la sortie possible de l’image. Et espérer conserver le spectateur dans la photo.

D »instinct, on présuppose que la gauche de l’image évoque le passé, la nostalgie, la mort, et la droite l’avenir, l’espoir, la vie. Un personnage regardant vers le côté gauche inspirera donc des sentiments négatifs ; vers la droite : des sentiments positifs. Même chose pour le bas de la photo, qui évoque l’intériorité et la mort, le haut la liberté et la vie.

Clair et sombre, chaud et froid



En parallèle, on sait que l’œil humain « bloque » plus sur les couleurs chaudes que sur les froides. Et plus sur les teintes claires, que sur les sombres. Commencez votre image en rouge et finissez-la en bleu, par exemple. Le spectateur sera « piégé », puisque son regard reviendra sans cesse vers la première teinte.

Attention, quand je dis « piégé », nous parlons ici d’une fraction de seconde supplémentaire, dans ce très bref espace de temps dont nous avons besoin pour commencer à « intéresser » notre spectateur à l’histoire que nous voulons lui conter ou à l’émotion que nous espérons lui transmettre.

De la même manière, il est important de placer les éléments clé de votre image à certains endroits précis. Le découpage de la photographie en tiers peut vous y aider, en rendant l’image plus dynamique. On a ainsi pris l’habitude de placer l’horizon sur l’un des tiers extrêmes, et pas au centre.

Attention. Je dis « nous avons pris l’habitude ». La « règle » des tiers n’est qu’une habitude culturelle, venue de la tradition picturale européenne. On peut s’en passer, à condition de disposer d’arguments photographiques solides, comme dans un grand nombre des photos de Roy DeCarava ou d’Emmett Gowin, où les sujets sont parfaitement centrés.

Il est parfois nécessaire, selon ce qu’on veut inspirer comme sensation au spectateur, de simplifier la composition pour mieux concentrer le regard. Le cadrage, l’usage de la profondeur de champ et du flou peuvent nous y aider. On peut aussi utiliser la loi de Scheimpflug et changer de plan focal, comme dans les bokehs.

Point de vue



Mais plus que tout cela, il me semble que l’angle est prépondérant. Il fait varier le point de vue du spectateur et transforme profondément le ressenti de celui-ci. Une photo en plongée va exacerber l’empathie. Évoquer la tendresse, la proximité ou bien la pitié, l’impuissance et le tragique. Un ressort qu’on utilise beaucoup en photojournalisme. En contre-plongée, en revanche, on peut évoquer la mégalomanie, la domination, l’éloignement, voire le lyrisme.

Un excellent exemple de ce travail pourra être consulté sur les deux photos qu’à réalisé Platon, à peu de temps d’intervalle, l’une de Barack Obama, et l’autre de Vladimir Poutine. La première est prise très serrée, en noir et blanc, de face : Obama semble accessible, sympathique et « trop grand » pour l’image. La deuxième est prise en contre-plongée, en couleur : dans la même position qu’un Abraham Lincoln dans son mémorial de Washington ou qu’un Zeus Olympien à Athènes, il apparaît tellement paré des attributs de la puissance qu’il en paraît ridicule.

Le sens du regard, encore. Un personnage qui regarde vers l’un des côtés de l’image a intérêt à avoir de l’espace devant lui, pour conduire le spectateur quelque part. Mais cette règle peut être intéressante si vous voulez suggérer la frustration, la souffrance ou la folie. En fermant l’image. Pareil pour un objet en mouvement : du champ laissé devant une voiture ou un cycliste donnera du dynamisme et du sens (l’objet avance). L’inverse donnera l’impression qu’il recule. Mais ça peut être un choix, si de ça dont vous voulez parler…

Ombre, miroir et hors-champs



Vous devez laisser à penser que votre photo continue au-delà de la photo. Cela permet d’ajouter des informations (les ombres et les miroirs peuvent y contribuer par exemple), d’ouvrir l’imaginaire, voire de susciter une réaction de surprise. De manière plus prosaïque, cela permet aussi au spectateur de se faire une idée des volumes de l’image.

Nombres, mathématique, géométrie



Studio photo photographe Montpellier Packshot, immobilier, portrait de dirigeants, corporate, publicité, lookbook, photo de bouteille...Derrière toutes ces règles on trouve la structure immanente du cosmos : la mathématique et les nombres. Et certains artistes, comme Vasarely ou Mondrian ont utilisé ouvertement les mathématiques dans leurs œuvres.

Ainsi, nos yeux préfèrent les nombres impairs (règle de l’impair) en photo. Un ou trois nous semblent plus dynamiques et excitant que deux. Et un des objets répartis en triangle s’avèrent plus agréable qu’en ligne.

On retrouve aussi la mathématique dans la diagonale de Fibonacci, popularisée par la notion de la rectangle d’harmonie, utilisée notamment par Piero della Francesca dans La Flagellation du Christ au XVe siècle (voir l’image ci-contre). Sur la base d’une règle mathématique que je vais vous épargner, se dégagent un carré, un rectangle et trois lignes de force.  Il suffit alors de placer chacun des éléments essentiels sur ces lignes pour capter le regard et l’y enfermer. L’oeuvre de Francesca est un excellent exemple. Qu’on peut utiliser en photo.

D’autres « règles » peuvent être utilisées ou violées selon le projet, comme le Push & Pull de Hans Hofmann, les règles de composition dites de « Charles VII ». J’en parlerai dans une prochaine chronique.

Les lignes encore



On sait que, comme dans la règle du S dont je parlais au début de cette chronique, l’impact est beaucoup plus fort si la photographie comporte des lignes de force diagonales. C’est manifeste pour une route ou un pont par exemple, dont l’effet sera plus visuel, s’ils se perdent dans l’un des coins de l’image.

La même notion peut être utilisée en concentrant les lignes diagonales vers le centre, ou mieux, un des tiers extrêmes, et en les interrompant sur l’extérieur (par un cadre, par exemple).

Plus généralement

Comme un compositeur en musique, le photographe doit apprendre à composer son image. En y ménageant des surprises, des pièges, des chemins pour qu’on s’y perde ou qu’on tourne en rond. Une multitude d’outils sont à notre disposition. Utilisons-les, même à contre-emploi. C’est le seul moyen d’en forger de nouveaux…

Nath-Sakura

SE PROCURER LE MANUEL PHOTO ET D’ECLAIRAGE DE NATH-SAKURA Nath-Sakura a rassemblé toutes ses connaissances et ses méthodes de photographie dans ce gros manuel de 396 pages. Imprimé en quadrichromie et en format 21×21 cm, ce manuel répond à toutes vos questions en matière de photo et de maîtrise de la lumière. Qu’il s’agisse de lumière naturelle ou artificielle. Il parle aborde aussi en profondeur la question de la direction artistique, de la direction du modèle et de matériel d’éclairage. Plutôt qu’un énième livre de « recettes photographiques » comme on en trouve à foison, ce livre vous enseignera, avec intelligence et simplicité, à maîtriser la lumière. Ce qui vous permettra d’en comprendre les phénomènes et à mieux réussir l’ensemble de la chaîne graphique de la réalisation d’image de haut niveau. Vous pouvez consulter le sommaire complet et commander le livre en cliquant ici

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