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Photographie de studio : arrêter d’être « chasseur » pour devenir cultivateur

Photographie de studio Montpellier Nath-Sakura mode

La grande révolution du néolithique vint quand les hommes cessèrent d’attendre le passage du gibier, le hasard des migrations, les caprices du climat, pour élever eux-mêmes le bétail et cultiver leur nourriture.

C’est la même chose en photographie.

On peut attendre, comme l’immortel Cartier-Bresson, « l’instant décisif », travailler en embuscade en comptant sur la chance pour qu’il se produise une situation digne d’être photographiée. Et rester le jouet du passage d’un simple nuage. D’une lumière soudain transformée. C’est le lot du photo-reporter, profession à laquelle j’ai appartenu pendant 17 ans.

Mais cette façon de travailler demeure trop hasardeuse pour être viable pour un photographe professionnel. Qui a besoin de « tomber juste » à chaque fois dans la qualité de ses clichés. Sous peine de mettre la clef sous la porte.

Impossible de travailler en seule lumière naturelle

Si on dépend de la seule lumière du soleil pour photographier, par exemple, des collections de mode, il n’est possible de shooter que le matin tôt et en fin d’après midi. Et encore, par beau temps : le stylisme et les mannequins perdant beaucoup de leur impact visuel sous une pluie battante. Sachant qu’une collection se photographie en moyenne en 3 jours, comment terminer le travail dans le temps imparti ?

En réalité, tout n’est qu’une question de lumière, et en sachant correctement l’employer, on peut réaliser des photos très qualitatives dans toutes les circonstances : donner l’impression de lumière douce et veloutée sous un soleil zénithal, créer la nuit en plein jour, changer la morphologie d’un visage, donner l’impression de grand soleil par temps orageux et même faire marcher des mannequins en talons aiguilles sur la mer…

Une lumière douce en plein soleil de midi estival au sud du Portugal

Une photo prise sous un soleil zénital

Je devais réaliser, pour un styliste britannique, un cliché qu’il destina ensuite à une affiche publicitaire (cf photo ci-contre). Il fallait une hair-light (lumière positionnée pour éclairer les cheveux dirigée vers l’arrière du crâne) derrière la tête du mannequin. Il était impossible, raisonnablement, de laisser un flash dans la mer déchainée située derrière le sujet. Pas de problème : le soleil à son zénith pouvait avantageusement jouer ce rôle. Problème : les ombres sur le mannequin, inappropriée à une belle photo fashion.

En réduisant la quantité de lumière produite par le soleil, et en shootant avec un temps de pose rapide (1/2000 s) j’ai abaissé considérablement la lumière d’ambiance et, en plus, pu figer les gouttelettes des vagues. Il fallait donc travailler en HSS (en anglais high speed synchronisation, dispositif d’allumage des flash permettant une synchronisation à haute vitesse), la synchro-x du boitier utilisé ce jour là (un 5D SR) étant trop limitée.

Il a suffit alors de « recouvrir » l’ombre avec une lumière large placée face au sujet, d’une intensité locale plus puissante que le soleil (grâce à un bol télézoom), qui s’est substituée à la lumière naturelle, devenu faible avec le réglage de l’appareil photo. Plus d’ombre provoquée par le soleil, il était alors facile de choisir, comme dans un studio sans lumière, la qualité de la lumière tombant sur le mannequin.
Cette stratégie m’a permis d’obtenir une lumière douce et diffusée, comme celle d’un matin hollandais à la Vermeer, malgré la dureté de la lumière naturelle qui a bien fait bronzer toute l’équipe qui travaillait avec moi ce jour là.

De la lumière partout

Obtenir sur la même photo la lueur des étoiles, celle de la ville et finir avec un coup de flash.

Beaucoup de jeunes photographes pensent que la gestion de la lumière est seule réservée aux studios photos. Et qu’il n’y a pas d’autres choix que de subir, partout ailleurs, la lumière d’ambiance, qu’elle soit celle du soleil, d’un néon dans une rue mal éclairée ou de l’abat-jour du salon. Rien n’est plus faux.

D’abord parce qu’on peut régler son boîtier pour accentuer ou au contraire diminuer l’influence de la lumière continue, en jouant sur la vitesse, la sensibilité, l’ouverture et la colorimétrie de la prise de vue. Ensuite parce qu’on peut, selon les besoins, rajouter de la lumière et en transformer le modelé. Transformer l’impact visuel de l’ensemble de la photographie.

En réalité, le monde peut être conçu comme un studio photo on peut mettre des flashs sur la mer, dans une forêt, dans un appartement ou dans un avion. Tout est possible. Il suffit alors que celui qui « écrit avec de la lumière », le photographe, sache clairement de quelle manière il veut transformer le réel pour lui faire prendre l’aspect qu’il attend.

En 2007, j’ai été confronté à un problème. Je devais réaliser un cliché, pour l’affiche d’une exposition à Lisbonne. L’idée était simple : un modèle, photographiée de nuit devant une statue de cheval. Il fallait voir les étoiles, la lumière de la ville située derrière et évidemment le modèle et la sculpture. Problème : la lueur des étoiles est très faible (environ 10 puissance -8 cd/m2), la lumière d’ambiance de la ville limitée (environ 10 puissance 4 cd/m2) et mon flash, réglé au minimum de puissance et à la distance maximale pour la qualité de lumière que je désirais, trop puissant (environ 10 puissance 6 cd/m2).

J’ai mis un moment à trouver la solution. Sur une base de f/4 à 200 iso fallait un temps de pose de 30 secondes pour capter correctement les étoiles, 5 secondes pour la lumière de la ville et le temps d’un éclair (1/1250 s) pour le modèle et la sculpture. L’appareil photo a donc été placé sur trépied, un carton noir a été placé sur l’objectif de manière à cacher le bas de l’image (la ville). A la 25e seconde le carton a été ôté. Et un déclenchement en 2e rideau a figé la scène du premier plan. 
Il a fallu une dizaine d’essais pour réussir le cliché, mais comme l’essentiel avait été déjà calculé en amont au posemètre, la répétition des photos a eu pour but de faire émerger celle où la modèle donnait son maximum artistique.

Votre job, ami photographes, c’est de contrôler parfaitement vos réglages, de manière à agir vite sur la partie technique, afin de ne pas épuiser physiquement votre modèle et lui permettre de « lâcher » son énergie au bon moment.

Mesurer la lumière

Je suis toujours très surprise de voir le petit nombre de photographes qui utilisent un posemètre/flashmètre manuel. La plupart ne sachant même pas s’en servir. C’est aussi absurde que d’utiliser un couteau à la place d’un tournevis pour monter des meubles : ça marche, mais il faut beaucoup plus de temps pour y arriver, et le résultat n’est jamais terrible.
Pourtant, c’est en mesurant les quantités de lumière présentes sur une scène, lumière naturelle subie ou lumière artificielle choisie, qu’on peut déterminer les réglages du boîtier et optimiser sa prise de vue.

Beaucoup ne juge de la réussite de leur cliché qu’au vu de l’écran LCD de leur boîtier. Rien de plus absurde. La plupart des écrans LCD présente une image écrétée (cramée) sur les hautes lumières, quand, on le verra tout à l’heure : c’est justement dans les hautes lumières que les boîtiers numériques sont les plus performants. Par ailleurs, comment déterminer la qualité d’un RAW (comprenant 16384 niveau de couleur en 14 bits) sur un aperçu JPG (qui n’en contient que 256, puisqu’il est en 8 bits) ? Un aperçu généralement sur-contrasté et violemment saturé, à mille lieu de la réalité de l’image réelle.
 A qui se fier pour décider si le cliché est réussi alors ? A l’histogramme ? Le problème de celui-ci c’est qu’il n’a qu’une analyse statistique de l’aperçu JPG à offrir. Il peut à la limite être utilisé en extérieur pour analyser un paysage, mais ne reste qu’un pis-aller.

Le seul outil dont nous disposions, qui soit à la fois précis et scientifique, c’est la cellule (le posemètre/flashmètre). Celle-ci indique très précisément la quantité de lumière, sur la base d’une charte de gris à 18%, et permet de définir des réglages au 1/10 de diaph’ de précision. Elle permet de s’assurer très précisément de la qualité des ombres et des lumières, des contrastes et des nuances dans l’image. Bien utilisé, la cellule permet de résoudre et de calculer tous les types de lumière, quel que soit le temps de pose, la sensibilité ou l’ouverture, au flash et en lumière continue.

C’est un outil facile à utiliser, il suffit de choisir la fonction (lumière incidente ou lumière réfléchie), l’angle de contrôle de la lumière (sur 180° ou 15°), de définir une sensibilité et un temps de pose, et la cellule indique la qualité de lumière en valeur d’ouverture. Bien plus simple à manipuler qu’un boîtier photo.

Optimiser la prise de vue pour le numérique

Une lumière douce malgré un soleil dur.

L’usage de la cellule est vital en numérique. En effet, la plage dynamique des appareils photos numériques comprends infiniment plus d’information dans ses très hautes lumières (50% des informations ) et ses hautes lumières (25%), que dans les basses (6%) et les très basses lumières (3%). C’est exactement l’inverse en argentique.
On comprend bien alors qu’une bonne exposition à la prise de vue doit placer la plage dynamique du cliché dans la partie droite de l’histogramme, quitte à assombrir éventuellement l’image au moment du développement sur Lightroom ou Capture One. Un simple calcul, basé sur les caractéristiques de l’étalonnage des cellules sur la charte de gris à 18% montre qu’un cliché sera correctement exposé pour profiter de la qualité des hautes plages dynamiques avec une surexposition des valeurs de 1,33 IL (1 IL = 1 diaph’ = 1 stop).

Imaginons par exemple que j’ai à prendre une photo en lumière naturelle d’un modèle au bord de la mer, le soleil au-dessus d’elle et que je souhaite obtenir une jolie matière dans le ciel et un éclairage cohérent et doux sur le modèle (cf photo ci-contre), voilà comment je vais procéder.

Avec un posemètre (intégré ou manuel) réglé en fonction spotmètre je vais mesurer la lumière sur le point le plus éclairé sur le ciel. Sur une base de 1/200 s, 100 ISO, la cellule m’indique f/11+6 (lire : f/11 + 6 dixièmes d’IL, ce qui correspond à f/14). Comme je sais que je dois surexposer ma photo de 1,33 IL (voir au-dessus), cela signifie que je vais régler mon appareil photo à f/9 (f/14 – 1,3 IL). Ensuite je place mon flash face à la modèle avec une intensité correspondant à f/14.

Je déclenche.

L’aperçu de mon écran va me montrer le reflet déconcertant de mon travail, car j’y verrais une image qui semble massivement surexposée, presque blanche. Je ne m’en soucie pas : je sais que l’aperçu ne reflète pas la réalité de mon RAW, et que ma cellule indique une valeur juste.

Je retourne au studio, je développe la photo en abaissant l’exposition d’environ 2/3 IL (je souhaite conserver un aspect clair au cliché) et le tour est joué : la photo est celle que vous voyez sur cette page, elle ne comprend aucune zone cramée, sa plage dynamique une fois exportée en 16 bits comprend 65.536 niveaux de couleur par couche, et il m’a fallu deux minutes pour la réaliser. Cette technique, à la base du travail photographique, s’apprend en moins d’une matinée.

N’importe qui aurait pu réaliser ce cliché avec un spotmètre bas de gamme à 100 euros, un petit reflex et une optique grand angle courants. Essayez d’apprendre à travailler de cette manière-là, vous verrez que la qualité de vos photos connaîtra une progression fulgurante.

Apprendre à en connaître les caractéristiques

Bien sûr, il ne faut pas seulement maîtriser la quantité de lumière mesurée par la cellule. La lumière possède six autres caractéristiques dont vous devez prendre la complète mesure. Outre la quantité, on détermine aussi une lumière par sa qualité (selon qu’elle est plus ou moins douce ou dure), son contraste (conséquence de la distance de la source par rapport au sujet éclairé), son rôle (ce qu’elle est censée nous montrer ou nous cacher), son positionnement (qui influence le rendu des ombres), sa couleur et enfin sa distance.

Vous pouvez intervenir sur l’ensemble de ces caractères et fabriquer la lumière que vous voulez. Comme une photo n’est composée que d’ombre et de lumière, cela signifie qu’au lieu d’être obligé de subir le réel et de vous en accommoder, vous deviendrez au contraire ce qu’est un peintre devant une toile blanche. Et que tout devient possible.

La photo de droite a été réalisée sous un ciel gris et pluvieux, sans photoshop.

Prenons par exemple la photo ci-dessus. Réalisée pour un créateur de robe de mariée. Le jour du shooting, pourtant réalisé début octobre à Montpellier, période où le temps est généralement clément, de gros nuages noirs et un vent froid sont venus compromettre la séance. Le modèle était glacé en doudoune, la lumière grise, l’atmosphère chargée d’humidité. Le cliché s’annonçait désastreux.

J’ai donc placé deux flashes. Le premier, équipé d’une grande boite à lumière, jouait le rôle de key-light dirigé de 3/4 sur le modèle. J’avais voulu une lumière douce pour suggérer un soir d’été. Un deuxième flash, équipé d’un petit bol réflecteur et d’une gélatine orange a été placé latéralement pour colorer et créer un léger flare sur le bord de l’image, comme s’il s’était agi d’un soleil couchant. L’image a été prise à 5500 K, pour accentuer le rôle de la gélatine et réchauffer l’ensemble du cliché.
La directrice artistique de la marque pour qui je travaillais a alors vu surgir sur l’écran la photo que vous voyez, estival et publicitaire à souhait.

Nous avons immédiatement remis sa doudoune à la jolie Aurore qui commençait à grelotter.

Maitriser les lois de l’optique

S’il faut maîtriser les caractéristiques de la lumières, il faut aussi en maîtriser les lois. Ce sont des lois optiques, scientifiquement établies, pas les prétendues « règles » (des tiers ou des horizons horizontaux) que des vieillards séniles agitent comme un hochet dans d’obscurs clubs photos. Elles sont nombreuses, beaucoup sont inutiles pour les praticiens de la photo qui n’ont pas besoin de connaître en profondeur la photométrie (ce domaine sera en revanche vital pour les techniciens et les ingénieurs opticiens), mais d’autres vous garantiront la solidité technique de vos clichés. Il s’agit des lois de Descartes, de Newton et de Fresnel.

Le premier vous apprendra à déterminer par avance l’endroit où apparaitront les reflets d’une source lumineuse. Cela vous permettra de savoir où placer la source qui éclaire le visage de votre sujet sans risque de reflet disgracieux sur ses lunettes, où de savoir créer les reflets ad hoc pour une bouteille de vin. Cette loi indique que « l’angle d’incidence est égal à l’angle de réflexion ». Si je place une source ponctuelle à 45° par rapport à mon appareil photo, le reflet sera à 45° de l’autre côté. En affinant votre analyse, vous pourrez ensuite calculer l’emplacement des reflets selon la taille de vos sources en déterminant les familles d’angles.
Newton, lui vous aidera à calculer les puissances lumineuses de vos sources en fonction de leur distance d’avec le sujet éclairé, et Fresnel vous accompagnera pour vous assurer d’avoir ou non du flare sur vos photos.

Ainsi, lorsque je place un modèle en talon aiguille sur une caisse de bois (cf photo n°3) à fleur d’eau, et que je veux donner l’impression qu’elle flotte sur la mer, il suffit de placer mon appareil dans la famille d’angle du ciel qui se reflète dans l’eau. L’eau devient un grand miroir : la caisse est invisible. Merci René !

Se former à la technique photo

On l’a vu, ce n’est pas le matériel photo dont vous disposez qui va vous permettre de réaliser ces clichés. Pas plus qu’avoir les baskets d’Usain Bolt ne vous permettra de faire 9 secondes 58 au 100 mètres. Non. C’est votre connaissance de la technique photographique et des lois qui le gouvernent qui vous permettront d’obtenir des clichés de haut niveau. 
J’ai réalisé une grande partie de ma carrière avec des reflex bas de gamme (notamment le Canon 300D pendant 3 ans, entre 2005 et 2008) et des flashes chinois (Jinbei) et j’ai l’impression que même aujourd’hui, où je travaille avec des boîtiers haut-de-gamme, mes photos ne sont pas spécialement meilleures en terme techniques et artistiques qu’à l’époque.

J’ai gagné en souplesse, en plage dynamique et en nombre de pixels, mais rien de plus.

Si vous souhaitez progresser en technique photo : formez-vous. Lisez des livres, inscrivez-vous à des workshops, devenez l’assistant d’un bon photographe… L’argent que vous mettez dans vos objectifs et vos boitiers ne sert à rien tant que vous ne savez pas vous en servir parfaitement. Lorsque vous y parviendrez, vous pourrez vous faire plaisir en achetant ce qui vous fait envie. Une fois son permis de conduire en poche, il vaut mieux commencer à conduire sur une voiture d’occasion, et rater quelques créneaux. Plutôt que de rayer la carrosserie d’un coupé hors de prix, non ?

Se former à la direction artistique

Néanmoins, vous aurez beau maîtriser les lois de l’optique sur le bout des doigts, il manquera encore quelque chose. Ce que la plupart des gens oublient, mais qui fait pourtant l’essentiel de la qualité du cliché, c’est le supplément d’âme que vous allez y mettre.

Votre culture de l’image y sera pour beaucoup. Quand êtes-vous allé voir une vraie exposition de photo ? Quand avez-vous lu la dernière biographie d’un grand auteur en photo ? Quel film êtes-vous allé voir récemment (et je ne parle évidemment pas des grand blockbusters que nous servent jusqu’au dégoûts les cinéastes yankees) ?

C’est l’ensemble de votre backgound culturel qui va vous faire découvrir la pépite qu’il y a dans un cadrage, dans une dynamique d’image, dans un sourire et qui vous fera déclencher au bon moment et faire les bons choix.

C’est votre connaissance de l’harmonie des couleurs qui déterminera clairement de quelle teinte doit être la robe de votre modèle rousse, quelle teinte de maquillage lui conviendra le mieux et quelle couleur d’accessoire il lui faut.
C’est de votre science des angles et de la grammaire photographique que va surgir une image dynamique, quand la scène que vous shootez pourrait apparaître plate et sans intérêt cadrée ou orientée différemment.
C’est de votre culture en peinture classique que viendra le choix d’une pose, d’une expression, d’une attitude.

Tout cela s’apprend aussi, et c’est ce qui fait le job d’un directeur artistique. Dans ce domaine, il y a aussi des règles et des méthodes qui permettent de choisir ce qui fera que la photo « touchera juste ». Car tout se prépare en amont, du choix du lieu au choix de l’éclairage jusqu’au type de modèle, à leur tenue, leur maquillage, leurs accessoires et ce qu’ils doivent interpréter.

Une photo réalisée, sans photoshop mais beaucoup de travail…

J’ai réalisé en mars dernier un cliché (cf photo ci-contre) particulièrement complexe à réaliser d’inspiration très ornirique. J’avais besoin de l’intérieur d’une horloge, dans laquelle un homme devait voler. Nous avons donc, avec mon équipe, construit le décor pendant deux mois.

Le choix du modèle s’est porté sur Edwing, un Noir martiniquais qui était à la fois d’allure très élégante, mince et athlétique. Avec le styliste, nous avons choisi un complet veston très habillé. Il a fallu ensuite déterminer le type de lumière : il fallait donner une impression crépusculaire et vaporeuse, comme un rêve, ou un enlèvement par les extra-terrestres. Le choix s’est porté sur six sources, équipées de boites à lumière, la key-light dirigée à partir de l’extérieur de l’horloge avec une gélatine de couleur pêche et les autres avec des gélatines cyans et verts, pour créer un contrepoint chaud et froid.

Une machine à fumée devait être placée pour accentuer l’aspect onirique et conduire la lumière. Restait à faire « voler » le modèle. Rien de plus simple : en le faisant sauter, je m’assurais que ses pieds ne touchaient pas le sol. Impression accentuée par le fait que la photo a été prise en orientation portrait et présentée en paysage. C’est ici que vous voyez l’importance d’avoir choisi, en amont, un modèle athlétique, capable de sauter en prenant une position ouverte et adaptée à l’histoire.

Vous pouvez voir la vidéo de la réalisation de ce cliché ici :

J’ignore si la photo vous plaît, mais elle est en tout point conforme à ce que j’avais imaginé en la concevant 6 mois plus tôt. Et sans l’utilisation de photoshop.

Nath-Sakura

SE PROCURER LE MANUEL PHOTO ET D’ECLAIRAGE DE NATH-SAKURA Nath-Sakura a rassemblé toutes ses connaissances et ses méthodes de photographie dans ce gros manuel de 396 pages. Imprimé en quadrichromie et en format 21×21 cm, ce manuel répond à toutes vos questions en matière de photo et de maîtrise de la lumière. Qu’il s’agisse de lumière naturelle ou artificielle. Il parle aborde aussi en profondeur la question de la direction artistique, de la direction du modèle et de matériel d’éclairage. Plutôt qu’un énième livre de « recettes photographiques » comme on en trouve à foison, ce livre vous enseignera, avec intelligence et simplicité, à maîtriser la lumière. Ce qui vous permettra d’en comprendre les phénomènes et à mieux réussir l’ensemble de la chaîne graphique de la réalisation d’image de haut niveau. Vous pouvez consulter le sommaire complet et commander le livre en cliquant ici

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