Copyright B 612 Studio Photo
logo

Ouverture du diaphragme : les bases

studio photo photographe mtp montpellier

Pour bien commencer à utiliser son appareil photo (et oublier le mode automatique dont je parlais dans ma précédente chronique) il est nécessaire de comprendre le lien qu’entretiennent l’ouverture, la vitesse et la sensibilité.

La métaphore du robinet et du verre d’eau

C’est une métaphore qu’on utilise souvent pour expliquer le fonctionnement d’un appareil photo, et qui me paraît assez évocatrice. L’appareil photo fonctionne un peu comme ça.

Pour remplir un verre d’eau, vous savez qu’il va vous falloir un certain temps, lui-même fonction de la pression dans le tuyau (lié au diamètre du tuyau qui l’approvisionne) et de l’ouverture du robinet.

Continuons de filer la métaphore. Pour obtenir la quantité de lumière nécessaire pour que votre photographie ne soit ni trop claire ni trop sombre, il vous faut doser la vitesse (le temps pendant lequel votre diaphragme s’ouvre pour laisser passer la lumière), l’ouverture du diaphragme (qui laisse passer plus ou moins de lumière selon son diamètre) et la sensibilité (la rapidité avec laquelle votre capteur, ou votre pellicule, peut fournir une image; dans notre exemple, ce serait la taille du verre).

Grossièrement, pour que votre image ne soit ni surexposée, ni sous-exposée, il vous faut une quantité de lumière donnée. Votre travail va donc être de régler votre appareil et de vous adapter à la lumière de la scène que vous voulez photographier.

L’ouverture

Commençons par l’ouverture, nous verrons la vitesse et la sensibilité dans les prochaines chroniques.

Tous les appareils photos sont équipés d’un diaphragme qui, s’ouvre ou se se ferme à volonté. Plus il est ouvert plus la quantité de lumière qui pénètre à l’intérieur est importante. Plus il est fermé, moins la lumière qui pénètre est grande. Vous allez donc, influencer l’exposition de votre photo en changeant l’ouverture. Mais pas que…

Le nombre f

On “mesure” l’ouverture avec le nombre N en français et f en anglais. Mais désormais tous les objectifs sont calibrés en f/(valeur). Prenons par exemple l’un des objectifs le plus courant du marché : le 18 – 55 mm f/3.5 – 5.6. Vous notez que deux nombres f sont indiqués (f/3.5 – 5.6). Le premier indique qu’à 18 mm l’ouverture maximale est de f3.5 et qu’à 55mm l’ouverture maximale est de f/5.6.

C’est quoi ce charabia ? En réalité c’est assez simple. Plus le nombre f est petit (par exemple f/1.8), plus le diaphragme est ouvert, plus il y a de lumière qui peut entrer. Plus le nombre f est grand (par exemple f/22), plus le diaphragme est fermé, moins il y a de lumière qui peut entrer. Ca a l’air absurde, mais c’est comme ça.

Vous savez donc maintenant, en regardant les chiffres portés sur votre objectif quelle est l’ouverture maximale de celui-ci.

diaph photo photographe montpellier

La quantité de lumière

Je vous passe les calculs d’indice et les raisons optiques des valeurs du nombre f. Mais il est important que vous sachiez qu’entre chacune des ouvertures possibles du diaphragme, le diamètre est multiplié ou divisé par 2. Il s’ensuit que si vous passez de f/4 à f/5.6 (un diaphragme), vous divisez la quantité de lumière qui pénètre dans le boitier par deux, car le diamètre d’ouverture est deux fois moins grand. Voici les différents diaphragmes : f/1 ; f/1,4 ; f/2 ; f/2,8 ; f/4 ; f/5,6 ; f/8 ; f/11 ; f/16 ; f/22 ; f/32; f/45 ; f/64.

ATTENTION – Les appareils photos numériques actuels se règlent désormais en 1/3 de diaphragmes, et plus en diaph complet. Quand vous tournez d’un cran votre molette, vous n’augmentez ou ne divisez votre quantité de lumière que 33%. Par exemple, de f/4 à f/5.6 il y a un diaph soit trois tiers de diaph : f/4, f/4.5, f/5, f5.6

La profondeur de champ

Autre chose essentielle : c’est en jouant sur l’ouverture que vous contrôlez la profondeur de champs. La zone de l’image dans laquelle les objets sont nets. On appelle ça le plan focal.

Plus votre profondeur de champ est forte, plus la netteté est généralisée (voire totale). Plus la profondeur est faible, plus petite est la zone de netteté. Je m’explique : avec une grande ouverture du diaphragme, f/1.8 par exemple, si vous faites votre mise au point sur un objet situé au premier plan, l’ensemble de ce qui est derrière va être flou. C’est la technique qu’on utilise notamment dans les bokeh (je parlerais de ce sujet un jour prochain).

A l’inverse, si vous fermez beaucoup votre diaphragme, à f/32 par exemple, votre image va être nette dans sa totalité, et un arbre situé à vingt mètres sera presque aussi net que votre sujet situé au premier plan.

Vous noterez qu’avant le déclenchement, votre diaphragme se maintient toujours en ouverture maximale, pour vous aider à visualiser la scène, mais que votre boitier n’applique les réglages qu’au moment du déclenchement. Certains boîtiers sont équipés d’un bouton qui permet de visualiser la profondeur de champ en fonction des réglages, c’est très pratique.

Je reviendrais en détail sur la question de la profondeur de champ, qui varie aussi avec la distance relative entre votre appareil, le sujet et l’arrière-plan.

“Photographier c’est choisir”

Vous voila désormais devant un problème : vous souhaitez avoir un arrière-plan très flou avec un sujet très net au premier plan, mais vous êtes en plein soleil, avec beaucoup de lumière. Avec l’obligation d’avoir un diaphragme très ouvert donc. Vous risquez une photo massivement surexposée si vous ne changez rien. Un truc tout blanc.

Pour avoir une exposition correcte il va donc vous falloir “fermer le robinet d’arrivée d’eau” (pour reprendre la métaphore du début), et donc jouer sur les autres variables à votre disposition : la vitesse et la sensibilité. J’en parlerais dans mes prochains exposés.

Comme d’habitude, je vous invite à réagir, à m’écrire ou à partager mes chroniques.

Nath-Sakura

SE PROCURER LE MANUEL PHOTO ET D’ECLAIRAGE DE NATH-SAKURA Nath-Sakura a rassemblé toutes ses connaissances et ses méthodes de photographie dans ce gros manuel de 396 pages. Imprimé en quadrichromie et en format 21×21 cm, ce manuel répond à toutes vos questions en matière de photo et de maîtrise de la lumière. Qu’il s’agisse de lumière naturelle ou artificielle. Il parle aborde aussi en profondeur la question de la direction artistique, de la direction du modèle et de matériel d’éclairage. Plutôt qu’un énième livre de “recettes photographiques” comme on en trouve à foison, ce livre vous enseignera, avec intelligence et simplicité, à maîtriser la lumière. Ce qui vous permettra d’en comprendre les phénomènes et à mieux réussir l’ensemble de la chaîne graphique de la réalisation d’image de haut niveau. Vous pouvez consulter le sommaire complet et commander le livre en cliquant ici

  • Partager