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La vitesse d’obturation : les bases

Studio photo photographe Montpellier Packshot, immobilier, portrait de dirigeants, corporate, publicité, lookbook, photo de bouteille...

Pour bien commencer à utiliser son appareil photo (et oublier le mode automatique dont je parlais dans ma précédente chronique) il est nécessaire de comprendre le lien qu’entretiennent l’ouverture, la vitesse et la sensibilité.

Aujourd’hui je vais tenter d’approfondir la question de la vitesse. Essentielle comme on va le voir.

On appelle vitesse d’obturation, ou temps de pose, la durée pendant laquelle l’obturateur de votre boîtier photo reste ouvert. L’obturateur est un espèce de petit rideau amovible qui se lève pour laisser passer la lumière qui frappe la surface sensible (cellule ou pellicule).

On compte le temps de pose en seconde, ou en fraction de seconde (notée 1/s).



Pour quoi faire ?

Sauf exception, on va utiliser les « vitesses lentes » (je sais, c’est un oxymore) pour les scènes avec peu de lumière, comme un éclairage urbain de nuit par exemple. Parfois plusieurs secondes parfois. Le but étant toujours d’avoir la quantité de lumière suffisante pour que l’image ne soit pas sous-exposée (voir la métaphore du verre d’eau). Dans ce cas il est nécessaire de mettre son boitier photo sur un support qui ne bouge pas. Une table, une chaise ou mieux, sur un trépied photo.

Sauf exception, on utilise les « vitesses rapides » (je sais, c’est une tautologie), comme par exemple le 1/800 de seconde pour exposer pendant peu de temps la surface sensible du boîtier pour des cas de scène très lumineuses (pour éviter la sur-exposition) comme une photo sur la plage en été en plein soleil.

Mais on va le voir, cela va infiniment plus loin que ça…

Netteté et flou, encore



Bien sûr, il y a l’exposition correcte, qui oblige à choisir une vitesse plutôt qu’une autre, mais la vitesse joue un rôle dans l’esthétique globale du cliché que vous allez produire, et sur sa netteté. Au-dessous de 1/60° (avec un objectif classique) un boitier photo tenu à la main n’est pas assez rapide pour produire des images nettes. D’une part parce que les photographe sont des êtres humains (si, si, je vous assure) et qu’ils ne peuvent pas rester absolument immobiles. Et d’autres part parce que les scènes photographiées ont tendance à bouger, elles aussi.

Une vitesse rapide, comme 1/320 va « figer » la scène, s’il s’agit d’une scène dynamique (une personne en train de marcher par exemple). En vitesse lente, sur une scène dynamique, vous allez obtenir des flous, des filés, des effets de déplacement des sujets. Ce qui peut donner des résultats splendides.

Arg, la longueur focale

Je ne vais pas vous bassiner avec les formules mathématiques, mais il est important de garder à l’esprit que plus votre focale est grande lorsque vous travaillez sans trépied, plus vous risquez des « bougés » liés aux mouvements involontaires de votre corps. Par exemple, avec un 200 mm (un télé-zoom, qui permet d’avoir un fort taux de rapprochement avec des objets éloignés), évitez d’utiliser une vitesse inférieure au 1/200. Avec un 20 mm (un objectif grand-angle), vous pouvez sans trop de problème descendre jusqu’au 1/50 (théoriquement au 1/20 mais connaissant la stabilité de la plupart des objectifs du commerce je vous conseille d’en rester en-deçà).

Explication : plus votre focale est longue (ex. : 200 mm), plus votre sujet est agrandi, ce qui amplifie l’effet de vos mouvements et plus votre focale est courte (ex. : 16 ou 18mm), moins l’effet de vos mouvements sera important.

Certains objectifs sont munis de réducteurs de vibration (stabilisateurs), et vous permettrons de diviser par deux environ ces chiffres (au 1/100 pour un 200 mm par exemple).

Notez aussi que la plupart des reflex amateurs (je parle ici des capteurs APS-C) il est nécessaire de multiplier par 1,5 la focale indiquée sur l’objectif pour obtenir la focale « réelle ». Pour ce type d’appareils, un 20 mm correspond donc à un 30. Les risques de « bougé » sont donc plus important sur les petits capteurs amateurs (APS-C) que sur les grands capteurs professionnels (Plein format équivalent 24X36).

Net et sans bavure



Avec la pratique, vous saurez d’emblée, selon le type de sujet que vous photographiez, quelle vitesse adopter.  Si vous espérez une grande netteté, vous devez vous adapter à la scène. Pour un portrait d’une personne fixe au 50 mm, vous pouvez adopter une vitesse entre 1/50 et 1/125. Pour un cycliste du dimanche au 50 mm une vitesse entre 1/250 et 1/320. Pour une moto rapide au 50 mm entre 1/800 et 1/2000 selon l’allure. Et enfin, au 50 mm au 1/8000 si vous désirez photographier des gouttes d’eau arrêtées.

Notez, comme je l’ai indiqué dans ma précédente chronique, que plus votre vitesse va être rapide, moins votre exposition va être forte. Il vous faudra donc contrebalancer par une ouverture et/ou une sensibilité plus grande.

Ainsi, vous comprenez pourquoi une photo de moto de course lancée à vive allure est généralement accompagnée d’une faible profondeur de champ (beaucoup de flou sur l’arrière plan). Et si le public aime généralement ce genre d’image, elle reste relativement plus facile à réaliser qu’une image nette, rapide et avec une grande profondeur de champ 🙂

C’est l’histoire d’un flou qui repeint son plafond



Pour ce qui concerne le flou, c’est exactement l’inverse. Vous avez envie de réaliser des images d’une autoroute nocturne avec les « filés » des phares, des effets « crémeux » sur une cascade ou des images où des « fantômes » précèdent des passants ? Dans ce cas, il vous faudra opter pour des poses longues, avec un support.

En faisant des essais vous allez voir que tout réside dans de dosage de la « quantité de flou », lié à la vitesse des objets, à la lumière qu’ils réfléchissent ou produisent. Un cycliste du dimanche (pas le Tour de France) commencera à produire des « filés » intéressant au 1/6.

Dans tous les cas, il vous faudra « dompter » votre matériel, en faisant des essais. Moi je préconise le café sur la place d’une grande ville. Les passants ont une allure suffisamment régulière pour vous permettre d’essayer plusieurs types de vitesses, et de passer de l’ultra-netteté généralement glaçante au naturel/artificiel des flous, des ghosts et de l’impression de mouvement.

Je compte sur vous pour me poser de nouvelles questions et partagez mes chroniques si elles vous ont parues intéressantes 🙂

Nath-Sakura

SE PROCURER LE MANUEL PHOTO ET D’ECLAIRAGE DE NATH-SAKURA Nath-Sakura a rassemblé toutes ses connaissances et ses méthodes de photographie dans ce gros manuel de 396 pages. Imprimé en quadrichromie et en format 21×21 cm, ce manuel répond à toutes vos questions en matière de photo et de maîtrise de la lumière. Qu’il s’agisse de lumière naturelle ou artificielle. Il parle aborde aussi en profondeur la question de la direction artistique, de la direction du modèle et de matériel d’éclairage. Plutôt qu’un énième livre de « recettes photographiques » comme on en trouve à foison, ce livre vous enseignera, avec intelligence et simplicité, à maîtriser la lumière. Ce qui vous permettra d’en comprendre les phénomènes et à mieux réussir l’ensemble de la chaîne graphique de la réalisation d’image de haut niveau. Vous pouvez consulter le sommaire complet et commander le livre en cliquant ici

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