Copyright B 612 Studio Photo
logo

La sensibilité : les bases

photo à Montpellier mtp

Nous avons vu, au cours des deux précédentes chroniques à destination des débutants en photo, comment s’articulaient l’ouverture et la vitesse. Un couple qui a des limites que vous allez pouvoir dépasser grâce au dernier terme de l’équation : la sensibilité.

Naguère, le seul moyen de changer la sensibilité sur son appareil photo, c’était de changer de pellicule. On prenait des bobines 50 ASA si on allait faire des photos en plein jour au soleil, ou des 800 ASA pour des clichés de concert, en ambiance sombre. Et le seul moyen de changer de sensibilité en cours de shoot c’était, soit de “débobiner” (griller le reste d’une pelloche en photographiant n’importe quoi), soit d’avoir plusieurs appareils équipés de pellicules différentes. Peu pratique, avouez.

Alors, soyez heureux, amis débutants du XXI° siècle. Car le numérique est arrivé. Et il suffit désormais de tourner simplement un bouton pour obtenir la sensibilité désirée. Notons au passage que depuis 1987, les ASA ont été remplacés par les ISO (je vous épargne les détails mais c’est grosso modo la même chose), ce qui prouve que je commence à me faire vieille.

Une grande sensible

De la même manière qu’une Norvégienne à la peau blanche prendra un coup de soleil en quelques instants sur la plage et qu’une Latine pourra y rester sans éprouver aucune gêne, tout est question de sensibilité à l’exposition. Plus la sensibilité ISO est élevée, plus le signal est amplifié sur votre capteur.

En gros, une photo prise à midi en plein soleil ne nécessitera que 50 ISO, tant la quantité de lumière est grande, et une photo de nuit avec des éclairages artificiels se prendra à 800 ISO ou beaucoup plus.

En d’autres termes, lorsque vous êtes limité par l’ouverture du diaphragme (d’où l’intérêt d’utiliser des objectifs “lumineux”) et/ou que vous ne pouvez pas avoir un temps de pose plus long (parce que le sujet bouge par exemple), il vous reste toujours la possibilité de jouer sur la sensibilité. Sachant que chaque fois que vous doublez la sensibilité, vous doublez la quantité de lumière globale qui apparaît sur votre photo.

Un beau soir d’été

Imaginons que vous êtes en train de photographier un paysage en fin d’après-midi un beau soir d’été. Vous avez réglé votre boîtier à 100 ISO. L’ouverture maximale de votre objectif est de f/5,6 et vous photographiez au 1/60° de secondes. Mais le soir commence à tomber. Vous ne pouvez pas ouvrir votre diaphragme plus grand et si vous baissez la vitesse, vous risquez d’avoir des flous de bougés parce que vous êtes parti sans trépied. Il vous suffit alors de passer à 200 ISO. Plus de lumière entre, votre image est correctement exposée, le tour est joué.

On comprendra aussi que, nonobstant la profondeur de champ, la dynamique de l’image et le bruit (nous allons parler de ce dernier dans un instant), la quantité de lumière qui apparaît sur la photo est exactement la même avec des valeurs différentes. La photographie est exposée semblablement à 100 ISO – f/5,6 – 1/15s, à 200 ISO – f/5,6 – 1/30s et à 400 ISO – f/5,6 – 1/60s.

Hélas, comme en toutes choses en photographie, tout choix à une contrepartie. Comme nous l’avons vu dans les précédentes chroniques, l’ouverture influence la profondeur de champ, la vitesse d’obturation influence la perception du mouvement. Et la sensibilité joue un rôle dans le bruit présent sur le cliché.

C’est pas bientôt fini tout ce bruit ?

Le bruit en photo c’est comme la musique du voisin à 4h du matin quand vous travaillez le lendemain : une chose énervante qu’il vous faut supporter. Quoique, dans mon cas, je serais plutôt du genre à débarquer chez lui avec une batte de baseball. Et donc, pour revenir au sujet de cette chronique à privilégier vitesse et ouverture à une augmentation trop importante des ISO.

Plus la sensibilité est grande, plus le “bruit” est important. Le bruit numérique est constitué de pixels parasites (généralement verts et rouges) qui s’ajoutent de façon aléatoire aux détails de la scène photographiée numériquement. C’est particulièrement visible dans les parties sombres et dans les parties uniformes (le ciel par exemple) de l’image. Avec une perte de netteté, de rendu de couleurs et de contraste.

Bien sûr on peut en jouer, mais à la différence de l’argentique où le grain augmentait lui aussi avec la sensibilité, le bruit numérique est globalement peu agréable et moins bien réparti.

J’estime qu’en-deçà de 400 ISO, sur les appareils grand public, le bruit reste dans les limites du raisonnable. Au-delà, il est bon de prendre des précautions. J’en parlerai dans une prochaine chronique.

Je compte sur vous pour me poser de nouvelles questions et partagez mes chroniques si elles vous ont parues intéressantes 🙂

Nath-Sakura

SE PROCURER LE MANUEL PHOTO ET D’ECLAIRAGE DE NATH-SAKURA Nath-Sakura a rassemblé toutes ses connaissances et ses méthodes de photographie dans ce gros manuel de 396 pages. Imprimé en quadrichromie et en format 21×21 cm, ce manuel répond à toutes vos questions en matière de photo et de maîtrise de la lumière. Qu’il s’agisse de lumière naturelle ou artificielle. Il parle aborde aussi en profondeur la question de la direction artistique, de la direction du modèle et de matériel d’éclairage. Plutôt qu’un énième livre de “recettes photographiques” comme on en trouve à foison, ce livre vous enseignera, avec intelligence et simplicité, à maîtriser la lumière. Ce qui vous permettra d’en comprendre les phénomènes et à mieux réussir l’ensemble de la chaîne graphique de la réalisation d’image de haut niveau. Vous pouvez consulter le sommaire complet et commander le livre en cliquant ici

  • Partager