Copyright B 612 Studio Photo
logo

Dans la jungle des formations photos

apprendre la photo à montpellier hérault studio lumière b612

Formation photo – J’ai eu la chance, depuis le début de ma carrière de photographe professionnelle (18 ans… comme le temps passe), de suivre une bonne cinquantaine de stages, de formation et d’atelier photo.

Les groupes de presse qui m’employaient m’envoyaient régulièrement un peu partout en Europe pour approfondir mes connaissances. Avec le temps et les responsabilités j’ai pu choisir les auteurs chez qui j’allais apprendre. En devenant formatrice moi-même, j’ai ensuite rencontré, suivi ou entendu parler d’un grand nombre d’autres professionnels du secteur.

Petit tour d’horizon.

Les formations en ligne

Autant l’échange virtuel peut faire gagner du temps et bien former lorsqu’il s’agit d’apprendre à se servir de logiciels techniques, comme Lightroom ou Photoshop. Autant ce n’est pas le cas lorsqu’il s’agit d’apprendre à la fois un technique et un art concret, comme l’éclairage et la prise de vue.

Pour apprendre l’aspect technique du dodge & burn sur Photoshop, un bon tutoriel peut suffire. On se place devant son ordinateur et on peut suivre pas à pas la méthode. C’est facile, normal et parfaitement adapté à cet apprentissage. Mais lorsqu’il s’agit d’en apprendre l’aspect artistique, essentiel, il faut apprendre le tour de main. Chose que l’on ne peut vraiment apprendre qu’en étant réellement en interaction avec l’enseignant.

Autant je comprends facilement la technique pour talocher du ciment sur un mur, mais sans quelqu’un pour me montrer comment le projeter, le faire s’amalgamer et lisser, c’est autant de ciment qui se retrouve par terre (je sais, j’ai essayé :). Sans tour de main et sans pratique, toute connaissance n’est qu’un savoir mort.

Comment, à distance, par tutoriel ou « coaching online », enseigner à la fois le bon placement d’une source lumineuse, le choix de sa diffusion, la mesure de la lumière, la direction artistique et la dynamique de cadrage ? Ça n’est vraiment efficace qu’avec un tuteur qui vous accompagne concrètement, physiquement, dans la construction de votre plan d’éclairage et votre prise de vue.

Avec le recul (j’ai formé des milliers de photographes venus de toute l’Europe (même de Finlande, d’Afrique, jusqu’au photographe officiel du général al-Sissi (dirigeant de l’Egypte), et même d’Amérique latine), j’ai compris que l’apprentissage de la photo ne pouvait se passer d’une présence effective. Une main qui vous pousse par la taille pour vous placer au bon angle. Un mot qui vous sort de votre zone de confort et vous oblige à « aller chercher » un cliché sur un angle plus extrême. Une « mémoire du corps » qui se rappelle comment vous avez ouvert le diaphragme de votre boitier pour saisir une lumière en confusion.

Le virtuel n’est pas encore capable de vous diriger précisément dans l’espace à 4 dimensions qui constitue votre lieu de shooting. Même en visio-conférence, comment un formateur de bonne foi peut il déceler que vous êtes un peu trop avancé dans la lumière, ou qu’un bol a un angle trop important par rapport au sujet ? Et vous expliquer pourquoi votre cliché sera raté.

Évidement, les formations en ligne sont très accessibles. A un clic de souris de la carte bancaire. Le « savoir » proposé est délivré immédiatement. Mais à l’instar des fast-foods, la nourriture qui y est proposée pour l’esprit n’apaise pas durablement la faim.

On y apprendra par exemple, comme sur un tuto que j’ai consulté avant d’écrire cette chronique, pourquoi une lumière est dure ou douce.

Selon le formateur qui parlait sur le clip, c’est lié au type de modeleur qu’on met sur le flash. C’est vrai, mais extrêmement incomplet. D’abord parce qu’on peut avoir une lumière très douce avec un modeleur qui crée des ombres très dures (en le rapprochant beaucoup du sujet par exemple). Ensuite parce que la qualité de la lumière est liée à la taille apparente de la source, donc que la taille du modeleur et sa distance ont une influence décisive.

En live, le bon formateur aurait aussi montré qu’en tournant sa source dure en opposition et en éclairant le mur, on joue sur la distance et taille, et on crée une lumière très douce. Il aurait aussi parlé de diffusion.

Les choses vraiment utiles pour le photographe : le savoir qui va lui permettre de créer sa propre photographie, son propre univers,. Pas des « recettes de cuisine » qui le condamnent à reproduire éternellement un type de photo qui n’est pas le sien.

Pour les prescripteurs de ce type d’enseignement, c’est une opération très rentable. Mais personnellement, malgré le fait qu’on me sollicite sans cesse pour produire des enseignements à distance, je m’y suis toujours refusé. Même si mes conseillers financiers  sabrent le champagne rien qu’à l’idée que je m’y mette…

Ceux qui veulent arrondir leur fin de mois

La profession de photographe est un secteur en crise pour une certaine catégorie de professionnels. Ceux qui se battent sur les petits prix et la photographie discount, où ils sont des milliers à essayer de survivre. Et où la plupart des entreprises font faillite.

Il s’agit en général de photographes qui ont quelques rudiments du maniement d’un appareil photo, mais qui ignorent des choses aussi essentielles dans notre profession que les lois de Newton, de Snell-Descartes, de Huygens-Fresnel, et qui seront bien en peine de vous aider à approfondir votre art.

Et évidemment, comme il existe une foule de gens qui ont envie d’apprendre, ceux-ci proposent aussi des formations.

Je me suis disputée récemment, sur Facebook, avec l’un d’entre eux.

Je tombe par hasard sur une annonce qui propose des stages de formation à la photo de portrait : des images désastreuses, une lumière mal équilibrée et mal dosée, des poses médiocres, une méconnaissance absolue de la colorimétrie adaptée aux types de peaux. Aucune science de cet art complet qui demeure celui du portraitiste. Bien maladroite, je l’avoue (mais je parle toujours sans filtre) : j’écris mon sentiment sur le post en question.

Fatale erreur : l’auteur du post est le photographe lui-même. Qui s’enflamme en expliquant qu’il est photographe depuis 30 ans !

No comment.

Mais comment dire aux gens, sans qu’on me pense de parti pris (je me moque qu’on vienne apprendre chez moi, la formation représente moins de 5% de mon chiffre d’affaire, mais qu’au moins on aille voir un vrai bon professionnel), que non seulement ce type de formation revient à jeter son argent par les fenêtre, mais que bien plus grave, on risque d’en sortir déformé psychologiquement dans son sens esthétique (cf mon article sur le théorème du singe).

« A-peu-près »

A plusieurs moments ces dernières années, je me suis sentie limitée par certaines lacunes : j’ai suivi une formation littéraire (lettres classiques, lettres modernes, philosophie) et j’avoue que certaines notions d’optique m’échappaient totalement voilà seulement 10 ans.

J’ai donc cherché, à l’époque, une formation, ou mieux, une école pour approfondir mes connaissances.

Mais, pour recevoir chaque année en stage de fin d’étude une foule d’étudiants des plus grandes écoles de photo du pays, je sais que cela n’existe pas. Des stagoaores qui repartent du studio en me disant : « On a plus appris ici en deux mois qu’en trois ans dans notre école ».

Si ces élèves me disent ça à moi, qui ne suis qu’une petite photographe de province, comment réagiraient-ils s’ils faisaient un stage chez Peter Lindbergh ou Ellen von Unwerth ?

Quoi ? Même dans les écoles de photo cotées ? Aussi surprenant que cela soit : oui.

Certaines insistent énormément sur l’aspect critique de la photographe contemporaine, sans apprendre à en faire, d’autres sur la physique optique, en passant complètement à côté de l’aspect artistique. D’autres enfin, même si elles délivrent des BTS, n’enseignent ni l’un ni l’autre et ne sont devenues, avec le temps, que des usines à fric. Aucune, même les plus grandes, dont on ne sorte avec le métier de praticien de la photographie bien en main (lire mon article « il n’y a pas de véritable école de photo en France« )

A peu-près…

« Pour obtenir un effet bokeh je vous conseille d’acheter notre magnifique 70-200 f/2.8 »

Autre vague, récente celle-là : les formations photos proposées par les revendeurs photos. « Faire ses photos en mode manuel », « Composer une photo » etc.

Outre que, pour ce que j’en vois, les formations sont succinctes et se contentent d’effleurer les sujets (comment comprendre en profondeur la notion de vitesse en photo sans travailler avec un trépied, ou la notion d’ouverture sans travailler dans un endroit obscur ?). Comment considérer un formateur, qui est donc aussi un prescripteur, s’il est aussi celui qui gagne de l’argent en vous vendant du matériel ?

Ça me fait penser à ces « experts » en immobilier qui travaillent pour des sociétés qui vendent des solutions contre l’humidité des murs. A parier que même au cœur du désert brulant du Dasht-e-Lut ils trouveraient de l’eau. Ou sur Mars. La Nasa devrait embaucher des gens comme ça…

On me dira que je vois le mal partout, mais bon.

Ceux qui font croire que le marketing est la clef de tout

Venue des Etats-Unis, cette mode a déferlé sur le monde de la photographie professionnelle. La profession est en crise ? Pas d’inquiétude, on a la solution : communiquez bien, mettez une jolie musique sur vos vidéos publicitaires, apprenez des méthodes de contrôle mental sur vos clients, faites vous coacher, et vos soucis seront réglés.

La petite-fille de paysan que je suis a toujours un mal fou avec ça. Et j’ai beau répéter que, même avec des gros budgets de communication, un photographe du dimanche ne passera jamais pour Helmut Newton, j’ai l’impression de prêcher dans le désert.

Je ne disconviens pas de la nécessité de la communication (les articles de ce blog en sont partie prenante), mais elle n’a d’intérêt que si on vend « un bon produit ».

Que vous soyez photographe de mariage, d’objet ou de publicité, vous gagnerez des clients et de la notoriété si vos photos sont appréciées et que vos clients vous recommandent. Si ce n’est déjà fait, apprendre en profondeur les secrets de la photo de portrait, de packshot ou de mode est une bonne façon d’y arriver.

Sans compter qu’en maitrisant son art, on va gagner un temps fou dans les réglages, la lumière et surtout la post-production.

Une bonne image, bien cadrée, bien éclairée, avec une bonne dynamique ne réclame pas ou très peu de temps de développement et de retouche. Avec des reportages comprenant parfois des centaines de clichés, et rapporté au temps de travail sur chaque photo, c’est souvent des journées entières de travail épargnées.

Un temps, que l’on peut consacrer aux loisirs, ou à son marketing. Là il prend du sens, puisqu’en plus vous pourrez faire des propositions à vos clients sans rougir, et même augmenter vos prix puisque vous proposerez une qualité supérieure à celle de la concurrence.

Le savoir, est avec l’amour, la seule chose qui s’accroît quand on le partage

Il existe heureusement en Europe quelques dizaines d’excellents formateurs. Qui partagent ma philosophie : nous sommes là pour transmettre notre art. Sans dissimuler nos petits secrets ou nos astuces.

Des photographes qui vivent de leur métier : produire de l’image, et qui ne font de la formation qu’à temps partiel, parce qu’ils croient au partage, sans qu’il s’agisse d’un simple calcul financier. Personnellement je gagne trois fois moins en une journée à enseigner qu’à réaliser mes photos. Pire, il m’est arrivé de donner des cours à des stages avec très peu d’inscrits (jamais je n’annule un stage, même s’il y a peu de monde, ce qui arrive rarement, heureusement).

Cette philosophie se manifeste en répondant à toutes les questions et en épargnant ni son temps ni son énergie jusqu’à être certain que l’élève est capable, en repartant, de reproduire ce qu’on lui a appris. Et plus. Qu’il reparte avec les clefs : les outils techniques et intellectuels pour créer ses propres images avec un haut soucis de qualité. Et le soucis pour le formateur de remettre sans cesse en question ses connaissances en se formant lui-même.

Tout cela pour donner aux élèves confiance en eux-mêmes et en leur art.

Non seulement ils sauront réaliser par exemple, une belle candy-light, mais ils connaitront aussi les travaux des auteurs qui ont travaillé sur le sujet. Ils pourront en faire leur propre interprétation, apportant leur pierre à l’histoire de l’Art. Enfin, ils sauront utiliser certains aspects de ce type d’éclairage pour en inventer un nouveau.

Bref, qu’ils nous apprendront à leur tour…

Nath-Sakura
www.nath-sakura.net

SE PROCURER LE MANUEL PHOTO ET D’ECLAIRAGE DE NATH-SAKURA Nath-Sakura a rassemblé toutes ses connaissances et ses méthodes de photographie dans ce gros manuel de 396 pages. Imprimé en quadrichromie et en format 21×21 cm, ce manuel répond à toutes vos questions en matière de photo et de maîtrise de la lumière. Qu’il s’agisse de lumière naturelle ou artificielle. Il parle aborde aussi en profondeur la question de la direction artistique, de la direction du modèle et de matériel d’éclairage. Plutôt qu’un énième livre de « recettes photographiques » comme on en trouve à foison, ce livre vous enseignera, avec intelligence et simplicité, à maîtriser la lumière. Ce qui vous permettra d’en comprendre les phénomènes et à mieux réussir l’ensemble de la chaîne graphique de la réalisation d’image de haut niveau. Vous pouvez consulter le sommaire complet et commander le livre en cliquant ici

  • Partager