Copyright B 612 Studio Photo
logo

Il n’y a pas de véritable école de photo en France !

Ecole photo Montpellier

Ecole photo – Je profite d’une question qu’un internaute vient de me poser pour répondre à tous ceux qui m’interrogent sur le sujet : « Je veux étudier pour être photographe. Pouvez-vous m’indiquer quelle école photo vous semble la plus pointue sur le sujet  ? »

Cette question revient sans cesse. La photographie est un art (lire ma chronique ici) et pas comme un passe-temps, il s’ensuit qu’il existe nécessairement des écoles qui l’enseignent en profondeur. Aussi bien du point de vue technique que du point de vue artistique.

Nous avons reçu en stage au Studio B612 des étudiants issus de toutes sortes d’écoles photo de l’Hexagone. Des Gobelins, de Louis Lumière, de l’ESMA, de l’école d’Arles, de Studio M, de l’ETPA, de l’EFET ou de Condé, et évidemment beaucoup d’autres qui venaient des formations BP et BTS des lycées professionnels.

Tous me font à chaque fois la même réflexion concernant le temps qu’ils ont passé avec nous : « Nous avons plus appris en un mois avec vous qu’en trois ans dans notre école ».

Explications

Historiquement, les écoles françaises se sont donné pour mission de former trois types de professionnels : les techniciens de labo photo, les photographes-employés, les techniciens lumières et les critiques d’art (spécifiquement l’Ecole d’Arles). Notons que certaines écoles se sont mises à former aussi des designers-lumière pour les jeux vidéos (l’ESMA par exemple).

Mais quid de ceux qui veulent devenir, simplement, photographes indépendants ? C’est-à-dire suivre une formation qui permette à la fois de maîtriser l’aspect technique et optique, l’histoire de l’art, l’aide au développement d’une photographie singulière et l’aspect commercial et comptable de ce métier souvent solitaire ?

C’est simple : rien n’est prévu pour eux. Et l’apprentissage le plus difficile se fait « après » les études.

C’est lié à une conception très latine de l’enseignement. Un problème qu’on retrouve en France, mais aussi en Espagne et en Italie. L’enseignement généraliste des arts et incidemment l’école photo ne vise pas -jamais- à former des artistes.

A bien y regarder, on laisse cette question au point où on l’a laissée à la Renaissance : les « maîtres » forment des disciples, comme Raphaël et ses élèves.

Une façon de voir qui n’a rien à voir avec celle les écoles de photos anglo-saxonnes. Aux Etats-Unis par exemple, l’université de Syracuse (Etat de New-York), l’Academy of Art University de San Francisco (Californie) ou le Savannah College (Géorgie) ont une approche qui allie technique, art, création, développement de la personnalité photographique de l’élève et commerce.

En France, que vous vouliez devenir photographe de mode, de mariage, d’objet, de pub ou d’animaux, et qu’en plus vous ayez l’arrogance de vouloir vous mettre à votre compte : débrouillez-vous !

Un exemple ! Un exemple !

Prenons par exemple le métier de photographe de studio, que je connais bien. Que vous soyez autodidacte ou que vous sortiez d’une école, vous devrez de toutes façons en passer par le même chemin si vous voulez vraiment vous « faire un nom ».

Aucune école ni aucun « tuto » n’apprend vraiment à maîtriser la lumière.

La première vous enseignera pendant des heures la sensitométrie (sujet passionnant, mais assez inutile pour un praticien) et le second se bornera à des approximations d’ailleurs parfois erronées. Mais lorsqu’il s’agira de savoir quel modeleur utiliser, de comprendre en profondeur pourquoi un flash doit être positionné et « anglé » d’une certaine manière, de savoir diriger un modèle et d’avoir une vraie compétence en matière de direction artistique : nada, niente, nitchevo !

Le seul chemin existant revient à être assistant d’un photographe (un bon de préférence) et d’apprendre avec lui « sur le tas » l’ensemble des techniques, la philosophie, la compréhension de l’image et le business.

Ou d’aller faire des stages, mais dans ce domaine (voir ma chronique sur le sujet), il y a à boire et à manger : groupes de 20 personnes où le formateur n’a pas le temps d’accompagner chaque élève, formations données par des photographes qui n’arrivent pas à vivre de leur métier, « show » de photographes-star (ou prétendus tel) qui ne donnent aucun de leurs secrets de fabrication, stages « de l’à-peu-près » donnés par des boutiques de photo, etc. Bref, toute cette esbrouffe que j’ai toujours refusée dans les enseignements que je donne.

Amis étudiants en photo : good luck!

Nath-Sakura
nath-sakura.com

  • Partager